À cinq ans, ma mère m'a inscrite au terrain de Jeux. Wow, quatre jours semaines à courir avec des amis dans une cours de récréation ou à jouer dans le derrière du Centre Récréatif. Quoi demander de mieux à un enfant qui déjà, tend à montrer des signes de résistance au conformisme. Alors on m'a embarqué dans un bus, et on m'a mis un bout de bracelet au poignet. Je devais garder ce bout de tissus tout l'été. Signe d'appartenance. J'étais dans les jaunes.
Deux jours passent. Peut-être la semaine. Et j'en ai soudainement plein le cul **je devrais dire poignet** de cet horrible bout de tissus. Et je déteste cet affreux moniteur qui veux m'intégrer à un groupe dont je n'ai absolument rien à chier. Et ce qui est le pire, par dessus les lunchs cordés sur le bord du mur (temps où je sors sandwich au beurre de peanut, boites de jus de pomme et petits gâteaux de ma boîte à lunch en plastique jaune), les jeux d'animations de groupe et les games de ti-ball **hé oui, criss de t-ball! À 5 ans on peut quand-même essayer de frapper une balle en mouvement!**, il y a les putins de contines! Et là, j'appuie sur le putin de contines! Mais signe du destin, ma mère à compris mon appel à l'aide et je m'a retiré avant la fin de la saison. Soulagement. Et n'a jamais remis les pieds dans un camp de vacances.
Mais j'ai gardé une adversité particulière pour la quasi-majorité des activités qui demandent une cohésion de groupe. Groupe dont je me chie la vie. Spectacle de danse **car dans une autre vie, la petite dO à déjà fait de la danse**, monitorat d'anglais au secondaire, voyage organisé en Grèce, j'en passe. Oui, ça je suis rabajoie, oui ça fait de moi une antisociale, oui j'ai une petite tendance à mépriser le trop plein de joie chez les autres lorsque ce débordement euphorique est synonyme de contine de moniteur de camp de vacances **Même si j'adore certaines personnes qui eux, les aimes**. C'est dit.
Presque vingt ans plus tard, assise tout bonnement dans mon cours d'allemand **c'est à dire cet après midi**, j'assiste complètement abasourdie de la vision de mon groupe (de jeunes universitaires, on s'entend) chanter la version Deutsch de She loves you des Beatles avec un entrain tout à fait fantasmagorique. Et en prime, j'ai droit au moniteur qui arrête la musique, laissant en coeur la joyeuses troupe se faire aller les tripes de Sie liebe dich jä jä jä! Sie liebe dich jä jä jä..!
Est-ce que je peux, s'il vous plaie la vie, être exempté de ces salles moments!
Ma mère dirait: "Tolérance dO, tolérance". Sachons que j'y travailles.